Ce deuxième billet
adressera l’utilisation que je ferai de la plateforme Moodle dans le cadre de
mon cours. Je survolerai mon design pédagogique en portant une attention particulière
aux activités envisagées et aux technologies qui seront utilisées, tout en les
évaluant de manière critique.
Le cours à
distance proposé porte sur l’Administration
publique comparée. Il est destiné à des étudiants au niveau du
baccalauréat. Il est typiquement considéré comme un cours de niveau intermédiaire
dans un programme de science politique, car il aborde un sujet précis. Ce cours
est normalement offert à des étudiants qui sont en deuxième année d’un
baccalauréat en science politique, et il est ouvert aux étudiants provenant d’autres
départements qui désireraient suivre ce cours. Ainsi, il peut exister plusieurs
disparités entres les étudiants en terme de connaissances préalables. Un groupe
pour un cours de niveau intermédiaire est habituellement composé de 25 à 45
étudiants.
En premier lieu, les
objectifs du cours ont été élaborés en fonction des compétences générales à
développer qui sont ciblées par les programmes de science politique, telles que
la capacité d’analyse, le développement du sens critique, l’habileté d’argumenter,
la capacité à effectuer de la recherche de façon autonome, les capacités
rédactionnelles, etc. Puis, ces objectifs ont été précisés en fonction de la
thématique du cours : l’administration publique comparée. Deuxièmement, j’ai fait un tableau plus
détaillé des activités d’apprentissage qui composeront mon cours dans un réseau
des événements d’apprentissage (RÉA). Ce tableau est basé en partie sur le plan
de cours que j’avais fait pour le cours en présentiel dans EPU950, tout en
adaptant les activités dans un cadre d’enseignement en ligne. La RÉA m’a aidé à
mettre en évidence mon alignement pédagogique pour le cours que je propose.
Utilisation de la plateforme Moodle
L’environnement
Moodle sera central à mon cours. D’un point de vue technique, cet environnement
me permet d’intégrer plusieurs outils que les étudiants auront besoin d’utiliser
pour suivre le cours et faire les activités. Qui plus est, il sera un endroit
de prédilection pour recevoir toutes les informations associées au cours et
surtout, pour pouvoir échanger. Moodle est facile d’utilisation pour les
étudiants et le cours mis en ligne dessus sera, je l’espère, intuitif dans son
utilisation. Je vais ainsi dans le même sens que Lebrun (2007) en me donnant
comme objectifs que : (1) le site dédié au cours doit être facile
d’utilisation, presque intuitif, autant pour l’enseignant que les étudiants,
que nous ne devons pas passer trop de temps à essayer de se familiariser avec,
et surtout, chercher les informations; (2) que l’utilisation de ma plateforme
en ligne favorisera l’apprentissage de chacun des étudiants, et surtout,
encouragera la participation de tous – dans plusieurs types d’activités; (3) que
la communication entres les étudiants et avec le professeur soit encouragée et
significative pour l’apprentissage.
Ainsi, mon cours est structuré en volets,
qui sont au nombre de quatre. Les volets reflètent les sujets des différentes
sections du cours. Sauf pour le premier volet qui est une introduction au
cours, il y aura pour tous les autres volets un screencast de moi expliquant les objectifs de celui-ci, au début,
et durant de 5 à 10 minutes. À la fin de chaque volet, il y aura aussi une
séance synchrone avec VIA, accompagnée d’un PowerPoint, afin de faire une
synthèse des apprentissages réalisés pendant le volet avec les étudiants. Le
PowerPoint sera utilisé comme soutien visuel
pour la discussion selon les recommandations de Kaminski (2003) pour ne
pas tomber dans les problèmes identifiés par lui et Schuman (2014). Cette
session servira aussi à répondre aux questions et aux incompréhensions potentielles des étudiants
sur le matériel.
Le premier volet sera très important
pour les étudiants : La première rencontre sera faite en session synchrone
avec VIA. La première partie de cette session portera sur le plan de cours, les
attentes, et les activités d’évaluation. La deuxième partie de cette session
amènera les étudiants à se familiariser avec les technologies qu’ils seront sujet
à utiliser pour effectuer leur travail et présentation orale en équipe. Le but
de cette deuxième partie est de réduire le stress potentiel que pourrait
ressentir les étudiants quant à l’utilisation de technologies qu’ils ne
maîtrisent peut-être pas. Qui plus est, comme le suggère Ko et Rossen (2010), je
formerai les groupes, alors ils pourront ainsi déjà connaître leur coéquipier
avec qui ils auront à faire le travail. J’espère que de procéder de cette façon
dès le départ favorisera aussi les échanges entre les étudiants à long-terme et
viendra renforcer leur motivation pour le cours.
Puis, chacun des volets comporte un
nombre d’étapes, de deux à quatre étapes par volet. Ces étapes durent en
moyenne une semaine, et ne seront dévoilées qu’au fur et à mesure de l’avancement
du cours, bien que celles-ci se retrouvent au complet dans le plan de cours qui
sera disponible en ligne. Des annonces seront faites à l’ouverture de chaque
étape.
Activités dans les différentes
étapes
La plupart des étapes se ressemblent et
reflètent probablement l’approche pédagogique traditionnelle en science
politique, bien qu’elles combinent quelques méthodes de pédagogie active. Le focus
est en effet sur le contenu : pour chaque étape (hormis les deux premières
dans le volet d’introduction et les deux dernières étapes du volet 4), les
étudiants ont à lire soit des chapitres ou articles portant sur le sujet de l’étape.
Les lectures demandées sont en nombre de trois et équivaut en moyenne à une
lecture de 30 à 50 pages par semaine. Le but étant de développer les
connaissances des étudiants dans le domaine sur ces sujets. Puis, chaque étape inclus
une discussion dans Moodle: les étudiants auront à répondre à des
questions en lien avec leurs lectures, à échanger entre eux sur leur
compréhension et interprétation, et à faire des liens avec des événements de l’actualité.
Mon rôle sera de soutenir et favoriser ces échanges. Plusieurs auteurs ont démontré
que l’échange sur les lectures dans le cadre de discussions, particulièrement
lorsque cet échange a lieu entre pairs, avait un effet positif non seulement
sur la qualité des apprentissages, mais aussi sur la performance des étudiants
dans le cours (Hamann & al. 2009;
Williams et Lahman 2011).
Dans le volet 3, qui comporte 5
étapes, une activité supplémentaire s’ajoute : les étudiants auront à
visionner une présentation d’équipe à chaque étape, qui devra durer de 10 à 15
minutes. Cette présentation sera donc aussi à être incluse dans les discussions.
Le volet 4 est uniquement composé de deux étapes, qui sont toutes deux des
études de cas/simulation. Ces étapes auront lieu les deux dernières semaines du
cours et seront faites à travers une session VIA synchrone.
Activités d’évaluation
1) L’activité de travail et présentation en groupe
Sans doute une des activités collaboratives par
excellence dans le cadre de mon cours, et celle qui demandera aussi l’utilisation
de plusieurs technologies de la part des étudiants. Les étudiants seront invités
à utiliser un mélange de Titanpad, PowerPoint,VIA, screencast, Prezi, etc.
2) Travail écrit et rétroaction du travail d’un pair
Le travail écrit de session est un élément classique d’évaluation
en sciences sociales. La nouveauté ici consiste à demander à un pair de faire
une rétroaction sur le travail d’un collègue avant que celui-ci le remettre en
version finale. Du point de vue technologique, il n’y a rien d’innovateur dans
cette démarche, car dans toutes ses étapes, seulement l’utilisation de Word et
d’un courriel est requise.
3) Participation à l’établissement des signets communs et
dans les discussions
Afin d’encourager la participation, des points seront
attribués pour une participation soutenue dans le cours. Afin d’aider les
étudiants dans leurs discussions sur Moodle, je créerai un groupe dans Diigo
pour établir des signets portant sur l’actualité en administration publique.
Chaque étudiant devra contribuer au groupe en ajoutant un signet par semaine et
en le commentant rapidement. Un lien pour accéder à ce groupe sera disponible
dans Moodle.
Forces et faiblesses de mon utilisation des TIC dans le cadre de mon
cours
Comme le cours reste encore axé sur le contenu, le format reste assez
traditionnel en termes de technologies. Par contre, chacune des technologies
est utilisée à son plein potentiel. Je considère que mon approche reste quand
même assez innovante, surtout comparée à mes expériences passées de cours en
ligne. D’ailleurs, si mes expériences sont encore la règle dans les
départements de science politique pour ce qui est des cours à distance, plusieurs
de mes étudiants n’auront pas utilisé plusieurs des technologies proposées.
Qui plus est, j’essaie vraiment d’aller au-delà du format du cours magistral.
En effet, les vidéos ne sont pas pour donner des cours, mais plutôt pour
communiquer sur les objectifs, les questionnements théoriques de la section,
etc. afin d’encourager les discussions dans Moodle par la suite. Qui plus est,
les séances VIA ne sont pas pour donner un cours proprement dit, mais plutôt
pour faire une synthèse et discuter de vive voix sur les lectures avec les
étudiants afin de peut-être les amener dans leurs réflexions au-delà de celles qu’ils ont déjà eu en ligne avec
leurs pairs.
Je crois qu’une de mes forces est que je combine des activités synchrones
et asynchrones et individuelles et de groupe. Qui plus est, j’amène les
étudiants non seulement à utiliser une variété de technologies, mais surtout de
favoriser leur collaboration. Mon approche semble amener quelques avantages identifiés
par Jézégou (2010) pour créer de la présence en e-learning et diminuer le
nombre d’abandons : je favorise une collaboration contradictoire entre les
étudiants, ce qui favorise l’apprentissage individuel et de groupe, et en utilisant
des activités asynchrones je « crée des conditions temporelles favorable à
la réflexivité » (ibid. :266).
Bibliographie :
Hamann, Kerstin, Philip H. Pollock et Bruce
M. Wilson (2009). “Learning from “Listening” to Peers in Online Political
Science Classes”, Journal of Political
Science Education, 5 (1).
Jézégou, Annie
(2010). « Créer de
la présence à distance en e-learning. Cadre théorique, définition, et
dimensions clés ». Distances et savoirs, 2(8),
257-274. Adresse URL : http://www.cairn.info/revue-distances-et-savoirs-2010-2-page-257.htm
Kaminski, S. H.
(2003). PowerPoint Presentations: The
Good, the Bad and the Ugly. Adresse
URL: http://www.shkaminski.com/Classes/Handouts/powerpoint.htm.
Ko, S. S., & Rossen, S. (2010). “Student
Activities in the Online Environment”. In Ko, S. S., & Rossen, S. Teaching online: A practical guide,
New York: Routledge.
Lebrun, M. (2007). « Mise en perspective, outils et synthèse »
dans M. Lebrun (Ed.), Théories et méthodes
pédagogiques pour enseigner et apprendre: Quelle place pour les TIC dans
l’éducation ?, Bruxelles, De Boeck p. 169-187.
Schuman, R. (2014) PowerPointless. Digital slideshows are the
scourge of higher education. Adresse URL: http://www.slate.com/articles/life/education/2014/03/powerpoint_in_higher_education_is_ruining_teaching.html .
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